La période classique

La période classique

Dominée par la figure emblématique de Wolfgang Mozart, la période classique démarre conventionnellement à la mort de Jean-Sébastien Bach en 1750 et s’étend jusqu’au romantisme du début du XIXème siècle.

Elle se caractérise par la priorité donnée à la mélodie et s’éloigne de la complexité harmonique de la période baroque. Les phrases musicales semblent plus simples, plus accessibles, l’ensemble sonore plus « aéré », ce qui va de pair avec le développement de l’opéra dans lequel la partie chantée est essentielle.

Trois compositeurs marqueront fortement cette période, tous les trois autrichiens. Tout d’abord, Joseph Haydn qui, s’il n’a pas réellement inventée la symphonie est certainement celui qui a le plus largement contribué son émergence. Il en composa 106 ! Il vécut au service du prince Esterhazy qui, même s’il exigeait de lui une activité harassante ne le considéra pas comme un simple laquais (ce qui était d’usage à l’époque).

Très jeune, Mozart refusa de se mettre au service d’un noble. Malgré l’insistance de son père, il était persuadé que son génie ne pourrait s’exprimer pleinement que dans la liberté. A 25 ans, il quitta sa ville natale de Salzbourg pour s’installer à Vienne où il connut rapidement le succès, en partie grâce à la protection de l’empereur Joseph II. Les premières années sont fastes, mais peu à peu le tableau s’obscurcit. Tout d’abord, il accumule les difficultés financières, puis il est fortement marqué par le décès de son père. En 1790, lorsque l’empereur meurt, il perd son principal soutien. La maladie l’emportera l’année suivante alors qu’il n’a pas encore 36 ans.

Compositeur prolifique, il écrivit des symphonies, 27 concertos pour piano, un grand nombre de concertos pour d’autres instruments (violon, cor, basson…), une vingtaine d’opéras, des œuvres sacrées (dont le fameux Requiem)… Beaucoup de ces compositions seront considérées comme des chefs-d’œuvre.

Le dernier Viennois est Ludwig Van Beethoven : à 17 ans, il croise Mozart qui prédit qu’il fera parler de lui. Il est un temps élève de Haydn qui entrevoit lui aussi son avenir, mais avec qui il ne se liera pas d’amitié. Il fait de la symphonie la forme la plus prestigieuse de la composition. Se détachant peu à peu des normes classiques, il sera aux origines du romantisme musical.

La Flûte enchantée est l’avant dernier opéra composé par Mozart. Depuis quelques années, la notoriété du compositeur décroit dans la capitale autrichienne. Ses difficultés financières commencent à l’inquiéter. Il accepte la commande que lui fait son ami Schikaneder et pour la première fois, il compose un opéra qui n’est pas destiné à l’aristocratie viennoise, mais à un public plus populaire, avide de fantaisie et de rebondissements. Sur un livret rempli de personnages et de créatures extraordinaires, il écrit une musique sans concession avec des airs majestueux qui feront le succès de l’œuvre.

L’ouverture est à la fois empreinte de simplicité, de solennité et de légèreté.

Une écoute : Ouverture de la Flûte enchantée de W. Mozart

https://www.youtube.com/watch?v=s2Gedb05J5M

On arrêtera l’écoute à 3’00

Objectifs de connaissances :

La période classique de la musique s’étend environ de 1750 à 1820. Il y a de nombreux compositeurs de cette époque, mais les plus connus sont Joseph Haydn, Wolfgang Mozart et Ludwig Van Beethoven. Durant cette période, l’opéra est un genre majeur, mais une autre forme prend de l’importance : la symphonie.

Compétences cycle 1 :

Parler d’un extrait musical et exprimer son ressenti ou sa compréhension en utilisant un vocabulaire adapté.

Compétences cycle 2 :

Exprimer sa sensibilité et exercer son esprit critique tout en respectant les gouts et les points de vue de chacun.

Connaitre et mettre en œuvre les conditions d’une écoute attentive et précise.

Compétences cycle 3 :

Développer sa sensibilité, son esprit critique et s’enrichir de la diversité des goûts personnels et des esthétiques.

Cycle 1 : L’écoute se déroule en salle de motricité. Dans un premier temps, on demande aux enfants d’évoluer librement, en silence, en écoutant la musique.

Puis l’enseignant(e) forme un cercle avec les élèves, dépose un cerceau au milieu et nomme un « chef d’orchestre ». Celui-ci se met dans le cerceau et n’a pas le droit d’en sortir. On remet la musique. Le chef d’orchestre peut faire tous les mouvements qu’il souhaite, s’assoir, se coucher, sauter… Mais il doit le faire en fonction de la musique, les autres l’imitent. A la fin de la musique, tous s’expriment sur la prestation du chef d’orchestre.

Plusieurs chefs peuvent se succéder pendant l’écoute, mais la consigne est toujours la même.

L’objectif est de faire ressentir les variations d’intensité et le tempo qui change à 1’07 (plus rapide).

Cycle 2 et 3 : La première écoute se fait sans montrer la vidéo. Après cette première écoute, on pose la question : « Qu’avez-vous envie de dire sur ce que vous venez d’entendre ? »

On note au tableau l’ensemble des remarques, on débat sur leur validité. L’enseignant prend soin de ne pas diriger les échanges. Il doit juste être l’animateur et le garant du bon fonctionnement de ceux-ci. Il invite à justifier les remarques, à argumenter une affirmation (cycle 3). Des contradictions peuvent apparaître, il est alors intéressant de les mettre en évidence.

Les propositions des élèves sont accueillies avec bienveillance, mais doivent être justifiées.

Pour les plus jeunes, on peut proposer l’activité prévue pour le cycle 1…

On écoute plusieurs fois l’extrait de l’œuvre et chaque fois, on affine les remarques, on vérifie…

On constatera que l’œuvre comporte de nombreuses variations d’intensité (fort – doux) et un changement de tempo à 1’07. Alors que le début est pesant et solennel, la deuxième partie est sautillante et rapide. Mais les deux comportent des variations d’intensité.

On pourra proposer de reproduire ces changements de tempo et d’intensité au travers d’une lecture de poésie ou chacun, en fonction du texte exprimera son ressenti par la voix.

Pour aller plus loin :

Symphonie n° 45 dite « symphonie des adieux » de Joseph Haydn

https://www.youtube.com/watch?v=Tx8Tmu_AyYw

Composée en 1772, alors que Haydn et ses musiciens sont au palais d’été du prince Esterhazy depuis plusieurs mois, l’œuvre était destinée à faire comprendre subtilement au prince que les musiciens commençaient à trouver le temps long loin de chez eux. Au bout de quelques minutes, dans l’exécution du final, les musiciens sortent de scène un à un… jusqu’à ce qu’il n’en reste que deux…

Une petite musique de nuit de W. Mozart

https://www.youtube.com/watch?v=tWTJcUj1n98

Bien qu’elle n’ait probablement jamais été jouée de son vivant, l’œuvre est sans doute l’une des plus connues du compositeur.

2ème mouvement de la 7ème symphonie de L. V. Beethoven

https://www.youtube.com/watch?v=52qnO8YEMxA

A la jonction entre classicisme et romantisme Beethoven, par sa personnalité et la puissance de ses compositions, marquera fortement le début du XIXème siècle.